• Neufmanil... un patois !


Comme de nombreuses communes des Ardennes, Neufmanil possède un patois. "Le patois est une richesse de notre histoire" disait André LEBON ancien Maire de Charleville.
Pour la plupart, les mots du patois de Neufmanil ne sont pas propres au village, on retrouve beaucoup de ces mots dans les patois des villages ardennais environnants. Les racines restent les mêmes, changent peut-être les terminaisons : "iau" au lieu de "ia", les conjugaisons en "j'etot", "jeta" au lieu de "j'etau"…
Mais, Neufmanil, c'est l'Ardenne, et l'Ardenne est une région qui "linguistiquement se suffit à elle-même". Citation de Jean Pol CORDIER, dictionnaire de patois de Neufmanil et environs, 1975.
L'origine du patois de Neufmanil est Celte, il a subi au cours des ans des transformations, acquis de nouveaux mots glanés au fur et à mesure des invasions romaine, latine, franque, espagnole, flamande, autrichienne, russe et allemande.
Le patois a donc la prétention d'ajouter des mots précis à la langue française au vocabulaire pourtant si riche.
Il faut se méfier de faire certains rapprochements trop faciles entre le mot patois et le mot français, tel que "LA FRAMBEGE" n'est pas la framboise, mais la myrtille ; la framboise, c'est "L'AMBRE".
Avant que l'éclairage électrique ne soit vulgarisé, on soufflait sur la bougie ou la lampe à pétrole pour l'éteindre ; et bien, maintenant, au lieu de dire "Eteins la lumière" on dit "Chouffe (souffle) la lampe".
Il existe aussi des façons illogiques de s'exprimer : pour "Il règne une drôle d'odeur", on dit "çà sent un drôle de goût" : çà ça in drôl' dé goût".

En voici quelques exemples :
BRICHAUDER : vaquer maladroitement aux menus travaux du ménage (laver du linge dans un récipient trop petit).

BEUQUER : regarder d'un œil, pour espionner, en se dissimulant.

BROUET : pâte préparée pour faire uniquement les gaufres.

NOQUETTE : morceau d'un produit dur. "Enn' noquette dé suc'".

MITOUNER : préparer un repas.

COUPILLETTE : sommet d'un arbre, cime.

CABOSSER : faire des bosses.